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Ces moments où tu es juste heureuse

28 Mar

titoon-10c_BRSA009_futur_grand_frere_1Je ne crie pas victoire, bien trop peur pour ça. Mais je dois avouer que je commence sincèrement à y croire, à cette grossesse. Je suis dans la 11ème SA, et ça, ça m’était pas arrivé depuis bien longtemps… plus de 5 ans en fait.

Ca commence à être réel… Dans ma tête. Dans mon cœur. Et dans mon tour de taille aussi.

Il manquait néanmoins une chose que pour que tout ceci devienne une vraie et belle aventure familiale. L’annoncer à Fiston.

Mari et moi n’étions pas forcément d’accord sur LE moment. Pour lui, il valait mieux attendre, les enfants sont si impatients, le dire trop tôt c’est risquer de le frustrer sur une trop longue attente. Pour moi, il était hors de question que Fiston l’apprenne après d’autres personnes, il méritait de savoir. Et puis lui annoncer, c’est une énorme preuve de confiance en cette Crevette, en sa force, sa vitalité, et aux chances de la voir arriver sous la forme d’un beau bébé dans 7 mois.

Ce week end, je n’y tiens plus. Je dis à Mari qu’on lui annoncera. Après ma sieste (faut pas déconner, besoin d’être en forme !).

Fiston me voit enlever mon pantalon pour me mettre au lit, et me dit « bah dis donc maman, t’as un gros ventre ! ». Ca, c’est fait !

Alors, je lui dis. Tu sais pourquoi maman elle a un gros ventre ? (je tiens ici à préciser que le « gros » ventre, c’est toutes proportions gardées, hein !) C’est parce qu’il y a un bébé dans mon ventre !

La réponse de Fiston ne se fait pas attendre : avec un IMMENSE sourire, il me dit : « Déjà ? » Et là, je l’aime d’un Amour infini mon Fiston ! Il est content ! Il a compris quand je lui avais expliqué mes FC, en lui disant que le petit frère ou la petite sœur était en retard. Donc là, finalement, ça lui semble pas si en retard que ça. Qui a dit que le temps passait plus vite pour les enfants ?

Et d’enchainer : « Alors je vais avoir un petit frère ou une petite cousine ? » A peu de choses près c’est ça oui mon p’tit cœur !

Puis il part en fous rires. Il me fait des câlins, saute sur son père, rit à gorge déployée. Il est heureux !!!

On ne veut pas en faire trop, donc on ne lui en parle plus. On passe la journée de dimanche avec de la famille, je me demande s’il va en parler. Rien. Je me dis qu’il est peut-être passé à autre chose. Et puis, les invités à peine partis, il me demande quand arrivera le bébé. « Quand j’aurai 8 ans ? » « Non Chéri, quand tu auras 5 ans ½ ». Et il réfléchit à haute voix à plein de choses. Au fait que le bébé pourra jouer avec son petit cousin (le fils de mon frère qui va avoir 1 an) parce que c’est tous les 2 des bébés. Mais que lui aussi il jouera avec. Et que ça serait bien que ce soit une petite sœur. « Et ca veut dire que je suis un grand frère ? Ah ouais, je connais, c’est bien ça ! »

Que du Love…

J’ai un truc à vous dire…

14 Fév

Alors voilà comment j’envisageais mon avenir proche.

Puisque bébé veut pas venir, bah autant faire autre chose de ma vie hein, on verra plus tard. Ce sera boulot  à fond. Alors je me dis qu’on va « faire attention » quelques mois, histoire de m’installer dans mon job et pis de finir la période d’essai quand même ! Ca fait bientôt 3 ans qu’on attend, on est plus à quelques mois près.

Ouais, mais ça, O_o, quelle audace, c’était faire des plans ! Mais Dame Nature n’aime pas du tout qu’on décide à sa place. Elle aime faire des surprises, bonnes ou mauvaises. Et donc là, va savoir pourquoi, elle décide que c’est peut-être ben le moment de me jouer un petit tour.

Alors que je ne m’y attends pas, j’ai du retard. Je me connais très bien, je commence à savoir reconnaitre les signes qui ne trompent pas. Mais je ne peux pas y croire. J’achète un test, alors que je sais déjà. Mais je n’arrive pas à me résoudre à le faire. Parce qu’une fois que j’en aurai confirmation, c’est une cascade d’interrogations qui va s’abattre sur moi. Mais on ne peut pas passer son temps à reculer ; va bien falloir que je décide à aller faire mon pipi. Et la 2ème petite barre s’affiche. Voilà, je suis enceinte !

Ah, mais c’est pour ça que je suis si claquée !!

Ah, mais c’est pour ça que mes pantalons semblent si serrés (comment ça, pas déjà ?!) !

Déboussolée je suis. Parce que :

1 : je ne m’y attendais pas. Bah oui, on était censés faire attention. Et là vous vous dites que c pas étonnant qu’on ait eu tant de mal à faire un bébé jusqu’ici vu comment j’ai l’air douée pour calculer la bonne période ! Je précise pour la compréhension que notre héroïne est blonde…

2 : j’ai peur. Très peur. D’une énième fausse couche. Une prise de sang s’imposait. Le taux est bon. Ça commence bien. Mais je me souviens aussi de la rentrée 2011 ; qui m’avait amené un joli taux HCG, et qui m’avait emplie d’une confiance… qui a été rudement mise à sac par une fausse couche qui s’est terminée à l’hôpital, et qui m’a énormément blessée puisque j’avais osé me laisser aller à espérer.

Je vais essayer de ne pas faire la même erreur. Ce qui signifie ne pas espérer. Ce qui signifie avoir peur. Je me protège, mais y’a quand même plus joyeux comme début de grossesse…

3: je viens de commencer un boulot. LE boulot que je pensais ne jamais réussir à décrocher. Et pour lequel je fais beaucoup de sacrifices. J’y suis depuis moins d’un mois et demi. Encore plus de 2 mois et demi de période d’essai. Je fais quoi ? Quelle que soit la date de l’annonce (si annonce à faire il y a), elle sera vue comme une trahison par ma hiérarchie. Je n’avais pas prévu de bosser dans ces conditions.

Ça, on a le temps d’y penser. J’espère juste ne pas passer ma vie aux toilettes à vomir (ça risque d’attirer leur attention, non ?). Et faudrait que j’arrête de bailler à longueur de journée.

C’est une excellente nouvelle. Au fond, tout au fond de moi, je suis heureuse. Mais j’ai si peur et je suis si perdue que je n’ose laisser passer même une infime partie de cette joie.

Je suis enceinte. Ce qui, pour moi, est loin de vouloir dire que je vais avoir un bébé.

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Mon corps, mon ennemi

25 Oct

Voilà une histoire d’une affligeante banalité. Au début.

Une fille qui n’aime pas son corps, à l’adolescence, quand il ne correspond pas à ce qu’on a l’air d’attendre de lui. Qui le voit déformé dans le miroir, à en inquiéter ses parents. Une fille qui remerciera ses amies, et ses chéris, pour tout le bien qu’ils lui ont fait en lui présentant son corps autrement. Ses amies par des après-midi de déguisements grotesques ou sexy qui révèlent un corps maléable. Ses chéris par des nuits embuées qui encensent un corps désirable.

Une fille qui devient femme. Mère. Qui, bien sur, ne reconnait pas son corps pendant la grossesse; mais le trouve beau. Un ventre énorme, mais qui renferme l’amour de sa vie. Et puis beaucoup de seins, aussi 😉

Un corps de mère qui, avec quelques cours de sport, reprend forme. Une forme bien différente d’avant, mais finalement plutôt pas mal. Un corps enfin accepté. On se dit que c’est gagné.

Et puis arrivent les épreuves. Une grossesse qui échoue, puis 2, puis 3. Un corps qui change déjà, dès les premières semaines de grossesse, qui veut s’épaonouir. Mais qui flétrit. A chaque echec, un corps qui y inscrit des séquelles.

Un corps qu’on maltraite, à coups d’hormones en cachets, puis en piqures. A coups d’examens médicaux qui annihilent toute pudeur et tout respect de soi. Un corps qui grossit. On pense que c’est pour se prérarer pour accueillir un tout petit en son sein. En fait, c’est pour se venger de ce qu’on lui fait subir…

Encore un échec, une 4è fois. Un corps qu’on ne respecte plus du tout.

Je voulais mon corps comme un incubateur à bébés. Mon corps n’est qu’un tombeau.

Comment en prendre soin? Comment s’accepter? Comment accepter que son Homme touche ce corps? Va quand même bien falloir, hein, même s’ils ont du mal à se nicher en moi, on sait bien que les bébés ne naissent pas dans les choux…

Fausses couches: parlons en bien, parlons en beaucoup (ma contribution pour les bluesblogueurs.fr)

22 Oct

Y’a des gens pour qui la fameuse phrase : « Chéri, et si on faisait un bébé ?» annonce de joyeuses parties de jambes en l’air.

Des moments insouciants, heureux et amoureux.

Et pour d’autres, cette phrase, ça annonce  l’attente, la peur, la déception, les cachets, les piqures, les RDV où tu montres ton intimité à tout bout de champ.

Des moments soucieux, malheureux et en colère.

J’ai fait partie de la 1èrecatégorie pour mon Fiston. Chance insolente. Et maintenant que j’essaie de lui donner un petit frère, je suis tombée dans la seconde.

Au début je me sentais seule. Pourquoi moi ? Pourquoi il a fallu que ça tombe sur MOI, quand TOUT LE MONDE autour de moi arrive si bien à faire des bébés ?

Et puis j’ai eu besoin d’en parler. A beaucoup de monde. Une façon de dédramatiser les choses surement. Amis réels, amis virtuels (surtout).

Et là, je me suis rendue compte que je n’étais pas seule. Que j’étais très loin d’être seule. Que limite, dans mon malheur, j’avais vachement de chance.

Et là, je ne parle pas des histoires abracabrantesques de Doctissimo. Non des vrais gens, qui me racontent à moi leur vécu. Leur peine. Leur douleur. Et parfois leurs espoirs et leur bonheur.

Alors je ne sais plus ce qui est mieux.

Avoir trouvé des gens à qui parler, avec qui on se soutient, on se réconforte ?  Et en avoir le cœur gros ?

Ou avoir réalisé le nombre de couples qui souffrent, à qui on refuse ce que leurs tripes leur réclament ? Et en avoir les larmes aux yeux ?

Bon, qu’est-ce qu’on ressent, vraiment, quand on n’arrive pas à faire de gamin ? Vous savez, c’est un peu un club VIP, faut adhérer pour pouvoir rentrer. Et comprendre.

Mais je vais quand même vous donner, à vous gens fertiles, quelques petits indices sur les choses à ne pas dire ou faire face à quelqu’un qui manifestement n’a pas un schéma familial traditionnel (j’entends 2 à 3 enfants de 23 mois d’écart, en début de trentaine).

Tout d’abord, évitez les poncifs, dont le fameux « c’est dans la tête ». Oui bien sur. Tout le monde sait que t’arrives pas à guérir de ta grippe quand tu prends pas bien tes médicaments dans ta tête. Que t’arrives pas à faire caca quand t’as trop mangé de chocolat dans ta tête. Et que t’arrives pas à faire de gosse quand t’as… quand t’as quoi d’ailleurs dans ta tête ? Tu le veux pas assez ? Tu le veux trop ?

« Ça va venir ». Ou pas d’ailleurs. Donc je fais quoi ? J’attends d’être fanée pour me dire« oh zut, trop tard » ? Je continue longtemps à avoir une vie sexuelle rythmée par le cycle lunaire ?

« T’es jeune, t’as le temps ». Voir ci-dessus. J’ajouterai que si, pour la société tu es relativement jeune à 32 ans, tu l’es nettement moins d’un point de vue médical. Comme ça, hop, t’as pas de bol, t’es infertile et en plus t’es vieille !

Une spéciale dédicace pour les fausses couches : « Oh, vous n’étiez enceinte que d’un mois 1/2, ça va, c’est MOINS PIRE que si ça avait été à 6 mois ou juste avant la naissance!! » C’est fou tout ce à quoi on a le temps de penser en 1 mois ou 2. Au plaisir de voir ton ventre s’arrondir, à la joie de l’annoncer à tous, au bonheur d’imaginer une adorable bouille de bébé… Je savais pas que la douleur est proportionnelle au poids du bébé.

Et puis d’abord moins pire ça se dit pas.

« La nature est bien faite, c’est surement une bonne chose que cet embryon n’ait pas tenu. T’imagines, t’aurais pu avoir un enfant anormal (moue d’effroi en général qui accompagne ce propos). » Alors, comment te dire. La 1ère fois, oui, c’est ce qu’on se dit. Il devait y avoir une couille dans le pâté, donc c’est pas plus mal. Mais au bout de 2 (puis 3, puis 4), avec des« autopsies » tout à fait normales, j’ai plus trop envie de penser que la nature fait bien les choses. Donc, mon fameux petit adage poétique vous en conviendrez: « Dame Nature sa mère la pute ».

Et ne JAMAIS, au grand jamais, dire : « c’est pas grave, t’en as déjà un ». Et si je te coupais une jambe, et que t’aurais pas le droit de te plaindre, parce que t’en as déjà une ? Et si je te pétais la gueule, c’est pas grave, t’en aurais plus mais si c’est pour dire des conneries pareilles…

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Ou plus insensible. Pardon.

Bon, on sait bien que c’est pour être gentil. Le problème, c’est qu’en souhaitant dédramatiser les choses, ces petites phrases les minimisent. Et nous interdisent de pleurer cet espoir d’enfant.

S’il vous plait, ne nous dites pas ça. N’essayez pas de clore la discussion trop brutalement.  Une femme victime d’une (de plusieurs…) fausse couche a besoin d’exprimer sa douleur, et a besoin de sentir qu’on peut l’écouter.

En ça, je ne remercierai jamais assez mes ami(e)s du web, twittos, blogueurs. Grace à vous, je peux parler.

J’espère que vous, qui lirez ceci, parlerez aussi…

Une journée en ambulatoire

10 Oct

Il y a 2 mois, je rencontrais un (énième) nouveau médecin (obstétricien). Après avoir étudié mon (relativement conséquent) dossier médical,

il me dit « Bon, j’aimerai vous faire une hystéroscopie. C’est sous anesthésie générale, mais ce n’est pas grand chose. » Ah bon, alors si c’est pas grand chose, on y va!

En ce matin du 9 octobre 2012, je me douche à la bétadine. Vous ne connaissez pas? Quel dommage, c’est super cool! Vous inquiétez pas, je n’étais pas orange. Un joli teint néanmoins…

Je suis convoquée à 10h30, j’habite à 15 minutes en voiture de la clinique, mais comme je peux pas rentrer seule, je dois y aller en train. Pour ça je pars de chez moi à 9h30 (perds ta vie dans les transports). Evidemment, trop de monde sur le parking de la gare, je rate un train, je stresse.

J’arrive pile à l’heure, après un petit sprint digne des mes cours de sport du lycée (c’est en vieillissant qu’on se rend compte que le lycée, ça avait du bon, hein).

On me dit que le bloc est réservé pour 12h. En attendant, on me donne « un petit cachet pour vous détendre » (j’étais pas stressée, si?). Et on me dit d’enfiler mon habit de lumière ma chemise. « Et ça ce n’est pas une charlotte, c’est une culotte jetable » (sérieux, y’en a qui confondent?).

12h, l’infirmier arrive. « Elles sont sympa vos Nike, on dirait des Stan Smith, elles existent pour homme? ». Sympa le brancardier. Il me fait des blagues. « Vous avez pris l’option massage cranier? » quand il me met la charlotte. Je souris. Suis bonne cliente.

On me balade dans les couloirs. C’est sympa aussi la clinique vue des plafonds. Un autre brancardier, d’autres couloirs, moins de blagues. Une infirmière, qui me pose pour la millième fois de la journée les mêmes questions « Votre nom? date de naissance? ». « C’est bien vous? » J’avoue ce serait balo qu’on m’opère de l’appendicite…

« Vous avez froid? » Ca se voit, non? « c’est pire là-bas ». Putain j’ai l’impression que je vais au bout de l’enfer là (ah non remarque, en enfer fait chaud il parait).

Et c’est vrai, fait froid! Mais je m’en rend à peine compte, tellement tout le monde s’agite autour de moi: une infirmière de chaque côté, l’anesthésiste au dessus. Lui, il me pique le bras, il me regarde, et il me dit « au revoir! ». Heureusement que je m’endors de suite sans avoir eu le temps de me poser mille questions sur ce « au revoir »…

Je me réveille. J’entend qu’il est 13h30. Je suis encore claquée, mais je lutte pour me réveiller. Va comprendre pourquoi, ça c’est un mystère, mais je sens que je DOIS me réveiller. Je veux prouver à tout le monde que je suis trop balèze?? Mais c’est con, je le regrette vite, parce que dès que je suis réveillée, on m’enlève la couverture chauffante, et hop direction ma chambre. Je l’aimais d’amour cette couverture chauffante!

S’ensuit une période assez floue où le sommeil se taille la part du lion entre 2 visites de l’infirmière pour regarder indécemment ma culotte (enfin le truc qui me fait office de).

« Vous avez faim? » me demande t’on enfin? Oh oui!!!! Et là, on m’apporte ça.

Désespoir. Heureusement j’avais prévu une tablette de chocolat, je la défonce!

16h, mon médecin arrive. « Madame moitoutetrien? » Celui-là, il est plus familier avec ma foufoune et mon utérus qu’avec mon visage… « Tout s’est bien passé, bla bla bla » il me dit. « Tout va bien, tu es une idiote d’hypocondriaque masochiste », j’entend.

Et ça putain, on me l’enlève quand, ça fait mal (oui, je finis par râler un peu quand même)!

A 17h, on me remet mon sésame.

Une copine est venue me chercher. Vu sa tête, j’ai l’air moins en forme que je pense l’être…

On me dit « c’est 137 € ». J’entend « c’est 3 000 €, la clinique prive de l’ouest parisien vous remercie de votre fidélité et vous dit à bientôt ».

Et donc là, je n’espère qu’un bon dodo, tranquille. Mais non! Belle-maman est là, elle veut aller au resto! Bon bah… Je suis vilaine, c’était bon (surtout le moelleux au chocolat au dessert). Juste sur le bulletin de sortie ils disent de manger léger. Ma BM fait une blague, je la tairai par respect pour elle (forcément une maladresse, forcément…).

Dodo 22h. Quel pied. Réveil ce matin 8h30. Double pied!! Merci Fiston, tu as très bien choisi ton jour pour faire une grasse mat!! Et ce matin, ma douche était beaucoup plus sympa que celle d’hier…

Conclusion (sur demande expresse du Mari): c’est fini tout ça. On revit normalement. Ca viendra, quand ça viendra… To be continued

Message aux équipes marketing de Pampers

21 Sep

Mesdames, Messieurs,

Je vous serai gré de bien vouloir arrêter de me faire chier / de me faire pleurer / de m’énerver.

Voilà le mail que j’ai reçu hier.

Alors c’est très gentil, mais j’ai pas d’enfant qui a 16 mois. J’en ai un de 4 ans, c’est tout.

Par contre, il y a 16 mois, + 7 mois, j’ai été enceinte.  Et j’ai fait l’immense connerie de m’inscrire à votre newsletter. Toute heureuse que j’étais de mon test pipi. Avide de toutes les infos que vous pourriez m’envoyer gentiment sur ma boite mail.

Mais voilà, au final pas de bébé. Et moi j’oublie cet abonnement.

Et un jour, la news arrive, toute guillerette : « vous allez bientôt accoucher ! ». Ah tiens, j’avais pas remarqué. Je suis plutôt en train de me remettre de ma 2è fausse couche là.

Donc notre newsletter, vous comprenez, elle tombe plutôt mal. Bon, c’est pas votre faute, je pleure un bon coup, et je clique sur le tout petit lien en bas de la news « se désabonner ».

Votre petite litanie me conforte :

Nous avons bien pris en compte votre demande de désinscription.

Nous vous informons qu’un délai de 15 jours sera nécessaire pour que   votre désinscription prenne effet. Nous vous remercions pour votre patience.

Le mois suivant, surprise !! Nouvelle newsletter « bébé est là !! ». Bah non toujours pas en fait.

Vous voyez là, Messieurs dames du marketing, vous me faites un peu chier. Quand même. Un peu.

Je me désabonne à nouveau.

Nouvelle news. C’est bien hein, j’avais oublié ce que ça faisait un bébé à 1 mois. Et puis à 4. Et puis à 6…

Je me suis fendue d’un beau mail, puis carrément d’un beau courrier à votre siège.

Mais non. Vous êtes butés.  Aujourd’hui  j’apprends donc que j’aurai du avoir un bébé de 16 mois. Vous savez ce que ça fait ? Vous savez ce que je peux ressentir rien qu’en voyant les bébés des autres dans la rue ? Les bébés de mes amis, des membres de ma famille ? Alors là, vous me mettez directement dans la tête quel aurait pu être MON bébé. Vous me rappelez ce qu’on a pas voulu me donner. Encore et encore. Faudrait pas que j’oublie, hein ?

Je suis passée outre les pleurs. Maintenant, je suis très énervée. Devant votre ignorance totale de mes requêtes, je vais passer à la vitesse supérieure.

Et inutile de dire que je n’achèterai plus jamais vos produits (ouais, mesquine, un peu aussi).

Médecine, mon amour (vache)

19 Sep

Moi, Médecine, je t’aimais bien au début.

Tu m’as dit : tu ne dois pas fumer. Ca tombe bien je fume pas.

Tu m’as dit : tu ne dois pas boire. Ca tombe bien je bois pas.

Tu m’as dit : tu dois beaucoup baiser. Ca tombe bien j’aime bien baiser.

J’ai fait ce que tu as dit. Mais ça n’a pas bien marché.

Quandd la 1ère fausse couche arrive, on se dit que bon, c’est vrai, on en a entendu parler, ça arrive parfois. C’est pas de bol. C’est vrai ça fait chier que ça tombe sur moi, mais bon, faut bien une cible, hein. On regarde les stats, on voit que c’est assez fréquent finalement.

Et puis la 2è fausse couche arrive. Merde, là ça devient bizarre. Parce que les chiffres, ils disent que ça c’est + rare. Et que le risque de fausses couches augmente avec le nombre de fausses couches précédentes.

Au bout de 4, j’en arrive à la conclusion suivante : je fais partie des happy few. Enfin plutôt des unhappy few. Semblerait que les fausses couches à répétition (à partir de 3) concernent 0,3% des femmes. Putain, mais je suis une exclu mondiale presque !!

Evidemment, face à ce genre d’évènements, on est un peu paumé. Alors, tout naturellement, je me suis tournée vers la Médecine. Je lui ai donné toute ma confiance. Carte blanche, fais de moi ce que tu veux médecine obstétrique, je suis à toi.

Alors la Médecine, en la personne de mon médecin traitant adoré (mais pourquoi a-t-il fallu que vous partiez à la retraite, pourquooiiii ?), a commencé par être gentille avec moi en prenant les choses en main plus tôt que de coutume. J’ai fait les 1ers examens à la 2è FC, (à partir de 3 normalement). Médecine, tu m’as dit que j’allais bien. Je t’ai cru.

A ma 3è grossesse (enfin ma 4è si je compte Fiston), j’ai du aller voir un autre médecin pour me faire prescrire ma prise de sang. Une espèce de connasse (j’assume tout à fait ce terme) m’a répondu : « vous n’avez pas besoin de prise de sang, QUAND vous saignerez vous saurez que vous faites une fausse couche ». Comment ça QUAND ? Elle aurait pas pu dire SI ???  J’ai quand même été faire ma prise de sang, qui était bonne. Qui m’a donné les pires faux espoirs de ma vie.

Lorsque mon obstétricien me fait l’écho à 8 semaines et me dit que c’est un œuf clair, il ne dit quasiment rien. Il est gêné. Moi non plus je ne dis rien. Si je fais le moindre mouvement je vais me craqueler c’est sur. Devant ce qu’il prend pour un positivisme sans égal, il me donne une tape sur l’épaule et me dit « vous êtes brave ». Véridique.

Dis, Médecine, tu pourrais faire un peu plus de psycho ? Parce que là tu crains quand même…

Là tu vois, plus que jamais j’ai besoin de la Médecine. J’ai besoin qu’on me guide, qu’on me prenne par la main pour me dire quoi faire, parce que je ne peux plus raisonner, je tiens à peine debout.

Alors mon obstétricien ne dit « on va attendre 15 jours que ça parte tout seul », je dis d’accord. Et pendant 15 jours je porte ce qui est pour moi un bébé mort. Je veux que ce truc sorte de moi, je ne peux plus le supporter. Mais je suis docile et disciplinée.

Au bout de 15 jours, je reviens voir mon obstétricien qui me dit « vite, là on peut plus attendre, faut faire une aspiration ». OK. « Alors vite, allez à l’accueil vous enregistrer pour une intervention dès demain, faut réserver un bloc, une chambre en ambulatoire…. ». OK.

Mais je préviens pas mon mari d’abord ? On en parle pas ? Et y’avait pas une histoire avec des médicaments aussi ? J’avais prévu de faire la sortie avec la classe de Fiston demain c’est dommage on peut pas décaler ?

Sinon, Médecine, je t’avais demandé de me guider, pas de me pousser à coups de pied au cul !

Donc sans trop rien comprendre, je me retrouve allongée dans une salle d’opération gelée, les 4 fers en l’air, la charlotte sur la tête, et un grand monsieur qui me pique le
bras en me demandant de compter à l’envers… Et quand je me réveille il fait chaud mais j’ai froid, il est l’heure de manger mais j’ai pas faim. Je veux mon mari mais je suis seule. Je me demande comment j’en suis arrivée là…

Ce qui est marrant, Médecine, c’est que malgré tout, je t’aime quand même. Je t’aime tellement que je t’ai laissé continuer à jouer avec moi. Avec tous ces cachets que j’avalais (putain, et fallait pas se gourer hein, ma vie avec mon agenda pour prendre le bon cachet le bon jour du cycle). Avec les piqures que je prenais dans la cuisse (j’ai eu le choix avec le cul mais j’ai su conserver un peu de dignité et de respect de moi-même).

Tout ça pour en arriver à cet été, et les litres de sang que j’ai offert à ton autel.

J’ai décidé que y’en avait marre. Je t’aime de moins en moins médecine.

J’ai vu un collègue à toi, un ostéopathe. Très gentil. Bon il a rien pu faire pour moi, mais au moins il a eu la décence de me le dire rapidement.

J’ai vu aussi une psy. Là c’est moi qui ai coupé court, j’avais envie de parler de mes enfants pas de mes parents (‘tain ils ont quoi tous les psy à te parler de tes parents !)

Et dans 10 jours, je m’en remets encore à toi. Je vais passer encore un examen. Trois fois rien, juste une petite anesthésie générale, hop comme une lettre à la poste.

Je te préviens Médecine. Sois gentille avec moi, si tu me laisses tomber, je pense que je vais m’écraser.