Tant pis

15 Août

J’aurai aimé que vous puissiez dire « papa et maman » toute votre vie.

J’aurai aimé que nous ayions nos rituels, nos habitudes, pour longtemps à défaut de pour toute la vie. 

Notre apéro du vendredi soir, notre soirée télé collés serrés tous les 4.

Notre maison de famille, les maisons de vacances. Nos tontons tatas et les longues journées d’été à jouer tous ensemble.

Nos balades, tous main dans la main du plus grand à la plus petite

J’aurai aimé que vous puissiez raconter « avec mes parents ce week end on a fait ça », plutot que de chercher avec lequel d’entre nous vous serez cette fois ci.

J’aurai aimé vous offrir une enfance bercée de douceur, de naïveté et de « tout sera toujours aussi merveilleux ». Une enfance emplie de la certitude que l’amour dure toujours.

Tant pis, on trouvera autre chose.

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Espoir

3 Juil

Il y a des jours noirs. « C’est la fin » on se dit, on se résigne, on fait avec. 

Et puis il y a un sursaut. Non, attends, sois patiente. Pourquoi tout bousculer? Laissons les choses arriver à leur rythme. On verra bien.

Et puis parfois, la bonne surprise… 

 
Cette fleur est apparue chez moi il y a une semaine.

Sur une base d’orchidée que je croyais morte. Plus rien depuis des mois, une tige qui mourrait, devenait rabougrie. Bon, tant pis, je dois vraiment être trop nulle pour ça, je fais crever toutes les fleurs que j’approche.

Et un jour, je vois cette merveilleuse fleur. Comme sortie de nulle part. Magnifique, épanouie! Comme si elle me disait: tu vois, rien n’est jamais perdu.

Cette fleur, qui s’est installée chez moi, porte un nom: espoir.

C’est la vie?

12 Mar

C’est la vie, ou la schizophrénie?

Faire les montagnes russes avec ses émotions…
Passer de la bonne humeur à la morosité en un claquement de doigts,
De l’amour fou à l’énervement profond en un battement de cil.
Réussir tout juste à conserver ses joies, puis d’un coup tomber en tristesse et ne pas réussir à en sortir.

Vouloir tout et son contraire…
Souhaiter la passion fiévreuse, et attendre la romance apaisée,
Vouloir rentrer chez soi là bas, mais ne pas vouloir quitter son chez soi ici,
Avoir besoin d’être seule, et avoir peur d’être seule,
Rêver d’une grande famille, de fraternité, et de joyeux bordel, et soupirer en réfléchissant au terre à terre et au quotidien.

Parfois ne pas se comprendre…
Vouloir si fort être une bonne mère, en étant une si mauvaise fille,
Croire tout faire pour son couple et sa famille, et réaliser tout faire juste pour soi,
Marcher la tête haute, le pas décidé et le sourire confiant, puis s’effondrer dans le grand trou de l’absence de confiance en soi,
Se sentir douée et nulle l’instant d’après.
Penser bien faire puis toujours regretter.
Être perdue…

C’est la vie?

Une petite bébé, une grande chambre, et beaucoup d’amour

12 Oct

Ca fait une éternité que je veux publier ce billet. Un peu moins d’un an en vrai. Depuis que ma WonderPoupée est arrivée.
Rien de plus classique, et de plus ennuyeux il faut avouer, qu’un reportage photo sur l’univers du bébé fraichement arrivé. Ma bébé aura un an dans 3 jours, il était temps!

Mais l’objet de ce billet n’est pas tant une photo un peu voyeuse de sa chambre, qu’une sorte de témoignage sur l’amour dont cette enfant est entourée depuis son arrivée (voire avant). Simplement pour mettre en lumière des preuves d’attention qui m’ont particulièrement touchée, et qui ont pris la forme de cadeaux pour ma bébé.

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Il était une fois, une petite fille très attendue. Et dont l’arrivée à été fêtée en virtuel, avec des colis reçus des quatre coins de la France par des e-tatas qui j’espère pourront un jour la voir.

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Elles se reconnaitront ces e-tatas. WonderPoupée, et moi, leur faisons de gros bisous. On les aime fort!

Envies

23 Juil

Envie de vivre à 100 a l’heure. De croquer la vie à pleines dents.

Envie de musique forte, très forte, de corps qui s’agitent, qui vibrent au rythme des basses, et de voix qui chantent à tue-tête.

Envie de cheveux au vent, de virées à moto, de balades nocturnes sur la plage, de repas à se damner.

Envie de sexe, de corps transpirants, de désirs incontrôlés, de plaisirs insensés.

Envie de découvertes fantastiques, envie de retrouvailles réconfortantes.

Envie de rires qui éclatent, envie d’assiettes qui éclatent.
Envie de vie.

6 mois plus tard

13 Juin

Aujourd’hui, cela fait 6 mois que la première phase de la pire épreuve de ma vie s’est terminée. 6 mois WonderPoupée a quitté l’hôpital. 6 mois + 5 jours que mon bébé de 7 semaines a fait une chute de 10 marches dans nos escaliers.

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Je pensais rester tétanisée face à cet escalier.

Sauf qu’il est hors de question que je reste tétanisée, face à quoi que ce soit. Les peurs se combattent. Les batailles se gagnent, surtout les batailles contre soi-même.

Cet escalier est celui qui mène aux chambres de mes enfants. Dès le jour de notre sortie de l’hôpital, WonderPoupée réintégrait sa chambre. Dès le premier matin, je la portais dans mes bras pour descendre. Concentrée. Crispée. Accrochée à ma fille, autant pour la tenir le plus fort possible que comme un rampart contre d’idiots démons.

Aujourd’hui, je regarde cet escalier le plus souvent avec la plus grande indifférence. C’est vrai, on oublie. Oh certains réflexes sont pris à vie, comme une façon de porter bébé, de se tenir à la rampe, de poser doucement et assurément chaque pied. Parfois un flash en regardant LA marche, celle, si bas, où j’ai vu mon bébé hurlant et recroquevillé.

 

Je pensais entendre sans cesse cette phrase du neurochirurgien: « On ne peut être sur de rien. Surveillez qu’elle soit toujours elle-même ».

Mais à moins de 2 mois, c’est quoi « être soi-même »?

Les premiers jours, premières semaines ont été très dures. Beaucoup de pleurs, d’elle et de moi. Beaucoup de questionnements, de « Et si…? » stériles et terriblement angoissants. Avec pour seule réponse possible le temps qui passe.

Aujourd’hui, je regarde ma fille, et je suis émerveillée. Elle est parfaite. Elle est belle (fracture entièrement résorbée, aucune séquelle esthétique). Elle est pushy à souhait, à gigoter dans tous les sens, se retourner, s’asseoir, ramper (aucune séquelle physique). Elle sourit tout le temps, quelle joie de vivre!

 

Et j’oublie. 6 mois plus tard, je la regarde, et il ne s’est finalement jamais rien passé. Elle ne se souvient de rien, et bientôt moi non plus.

Je l’aime fort ma bébé, ma force de la nature. Ma WonderPoupée.

La reprise après bébé…. c’est aussi dur qu’on le dit

25 Fév

MechantsPatronsV

C’est l’histoire d’une reprise de boulot. Après un congé maternité. En langage de l’entreprise ça veut dire après la trahison ultime. Je veux bien admettre que les circonstances n’étaient pas les meilleures : embauche au 2 janvier sur une création de poste, test pipi positif le 28 janvier, annonce au beau milieu de ma période d’essai. OK, ça a été un peu embêtant pour mon patron, qui a du expliquer à son propre supérieur qu’il avait recruté une pondeuse. Une opportuniste qui a fait exprès de se faire mettre en cloque une fois le CDI signé. Mwouhahaha. Bref.

Après 6 mois de congé, la jeune, jolie (bah quoi ?) et motivée salariée reprend le chemin de son bureau avec entrain. Oui, parce que la jeune, jolie et motivée salariée avait vraiment envie de retourner travailler. C’est un autre sujet, un autre débat, mais rester à la maison avec bébé ne lui convenait pas vraiment, c’est donc avec plaisir qu’elle retournait s’aérer les cheveux et le cerveau.

Sauf qu’elle n’est pas bête, et qu’elle savait bien que ça ne serait pas de tout repos. Que l’accueil risquerait d’être plutôt froid.

Et bien elle n’a pas été déçue la jeune, jolie et motivée salariée ! Pour être froid, l’accueil !! Un sacré blizzard ! Heureusement qu’elle était armée des bonnes ondes de tous ses amis (#love).

Ça commence par un chef qui dit pas bonjour (« tiens, t’es là ? Je pensais pas que tu serais là ! » ????). Et qui annonce, presque fièrement, qu’il n’a rien préparé pour son retour, et que de toute façon aujourd’hui il est débordé il a pas le temps de la recevoir. Merci, ravi de te retrouver moi aussi… Lesson one : ignorer la traitresse.

Ça continue par un bureau sans ordinateur. Personne ne sait où il est. Personne n’a été prévenu qu’il allait être utile dans ce bureau déserté depuis siiiii longtemps. Et donc une jeune jolie et motivée salariée qui se retrouve à errer dans les couloirs (à claquer des bises à ses collègues !) sans pouvoir rien faire. Lesson two : humilier la honteuse.

Enfin, un joli petit mail arrive dans l’après-midi (non non, ne crois pas que la jeune, jolie et motivée salariée a retrouvé son poste de travail, non… Elle a juste son blackberry, qu’elle a consulté tous les jours pendant tout son congé maternité (motivée on a dit !)). Un mail qui l’informe qu’elle sera « convoquée » le lendemain dans le cadre d’ « une enquête interne ». Lesson three : destabiliser l’insolente.

On peut rajouter à ça un détail, pas grand-chose hein, mais qui veut tout dire. Une histoire de séminaire d’équipe, où le chef a interdit que la jeune, jolie et motivée salariée soit invitée.  Lesson four : punir l’ingrate.

Et il se croit fort le chef. Ah ah ah AH AH !

Y’a juste un souci. On a dit que la salariée était motivée! Si si, presque coute que coute. Le couteau entre les dents si il faut, mais elle aime son travail, et elle entend bien le faire ! Elle a pas envie de faire du militantisme, mais franchement, ON EST EN 2014 LES MECS, Z’EN AVEZ PAS RAS LE BOL DE FAIRE CHIER LES FEMMES A CAUSE DES GROSSESSES ????

Et la jeune, jolie et motivée salariée a une chance infinie, c’est d’être entourée et soutenue par ses collègues. Des collègues qui lui souhaitent la bienvenue, à coup de mails et de coups de fils plus qu’éloquents. Des collègues qui prennent son parti, en refusant de participer au séminaire par solidarité. Des collègues qu’elle adore. Et alors la jeune et jolie salariée se souvient pourquoi elle est aussi motivée.

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